"Nombreux sont ceux qui vivent de la misère psychique des autres. Les combattants les plus acharnés des minorités spirituelles se trouvent dans les sphères psy (psychothérapie, psychiatrie, psychanalyse) qui, majoritairement, ne reconnaissent pas à l’être humain une dimension surconsciente. Ce qui fait dire à une psychologue liée à la lutte anti-« secte » : « Un membre d’une secte n’est pas une personne authentique » !
Deux visions antagonistes s’affrontent : la tradition spirituelle et l’idéologie psy, une idéologie athée du psychisme. La spiritualité, quelle qu’elle soit, propose une vision globale de l’être humain qui intègre la dimension divine en l’homme, alors que l’idéologie psy est une approche mécaniste qui dénie toute transcendance. Un véritable fossé culturel sépare ces deux conceptions du monde. FREUD est un des pères fondateurs de cette idéologie, qui réduit le spirituel au psychique au pathologique. Dans sa conception enthousiasmante de l’humanité, la guérison consiste à transformer « la misère hystérique en malheur banal ». Dans son livre L’avenir d’une illusion datant de 1928, FREUD écrit : « la religion serait la névrose obsessionnelle universelle de l’humanité. »
Et, dans ce combat, l’arme de la maladie mentale est terrible. Comme l’explique Stephen Chorover, professeur au Massachusetts Institute of technology : « Quand le concept de maladie mentale est appliqué au comportement, ce même comportement devient invalide. Vous et moi nous pouvons ou non être capables de défendre notre comportement de façon adéquate et efficace. Il est possible de prouver que nous sommes en faute mais au moins nous avons la possibilité de défendre notre comportement. Mais supposer que quelqu’un est fou, c’est lui enlever le droit de défense que nous avons tous en tant que citoyens. Le concept d’invalidité est un instrument terriblement puissant qui peut être utilisé aussi contre les dissidents. Car si un dissident est présenté efficacement comme étant fou, il s’ensuit que lui prêter attention n’a aucun sens. Du point de vue politique, l’invalidation du comportement politique d’un dissident « prouvant » que ce comportement est le fruit d’une maladie mentale est beaucoup plus efficace que la mort de ce dissident. Le tuer en ferait un martyr, le traiter de fou rend suspect tout ce qu’il dit et toute personne désireuse de suivre son exemple. » Les Soviétiques des années-goulag l’avaient bien compris. Et de nos jours, les mouvements anti-« sectes » appliquent ce concept aux individus et aux groupes qu’ils veulent neutraliser."
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