« Le soleil a rendez-vous avec la lune »
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« ici bas souvent chacun pour sa chacune
chacun doit en faire autan »
Eh oui ! il fut un temps où on trouvait normal que « chacun ait sa chacune », et réciproquement.
c'est loin tout ça
Mais maintenant, d’abord il n’y a plus que l’idée de deux chacuns ensemble ou de deux chacune ensembles qui soit valorisée.
Et puis c’est l’époque où les femmes considèrent que 'une femme sans homme c’est comme un poisson rouge sans patin à roulette". Il n’y a plus que des hommes, à ne pas penser pareil, mais
ils ne le disent pas! ils sont bien trop complexés par le terrorisme intellectuel du temps, et crèvent en silence tout en disant « amen ».
Alors chacun (ici « chacun » = chacun et chacune) dérive tout seul avec « chacun son corps » réservé seulement pour les infirmières du pouvoir médical et le thanathopracteur du funérarium ; chacun s’agite tout seul entre deux métros et trois boites de conserves, entre son appartement de banlieue et le crématorium; maintenant le désir est invariablement décrit comme celui d’un chien pour un bon bifteck, la tendresse comme une violence, la beauté comme attentatoire à la dignité de la femme, faire l’amour comme une perversion, la complicité comme une aliénation, l’attachement comme une maladie mentale!
Quand à l’amitié n’en parlons pas ! on a trop peur que ça puisse être accusé d’être sexuel, donc pervers, à une époque où même les enfants ne se tiennent plus par la main, pensez donc, les adultes !
En définitive la fameuse « libération sexuelle » qu’on nous a tant vantée n’a pas du tout libéré les relations entre les sexes, au contraire. Elle n’a servit qu’à renforcer le puritanisme, et à rendre les gens plus paranoïaques et plus constipés. Soit dit en passant la pudeur du temps passé était finalement beaucoup plus saine que celle de maintenant. On cachait, que ce soit les choses, les mots, les désirs, mais on suggérait : çe qui donnait à la fois plus de confiance et de sécurité, et de liberté, et de convivialité. Maintenant on montre, on dit, on enseigne, le tout le plus crûment possible, mais on interdit! mais, comme on est quand–même gêné, on se réfugie dans une sexophobie (qui ne s’avoue pas) crispée et paranoïaque, et on criminalise le désir ! Ce qui fait qu’au lieu d’être plus libérés on est plus complexés, et la Société s’éteint sous une chape de peur et d’autocensure, et de perte du lien social (tandis que la suggestion permettait de faire cohabiter le désir et la décence, et les contacts humains au niveau qu’on voulait bien). Ce qui suscite, ou le cynisme, ou l’hystérie crimininalisatrice, et le fossé entre les êtres.(Et sur le problème plus général de la perte du sens moral, et par là même de la capacité à aimer et à entretenir des rapports humains solides profonds et normaux avec les êtres, lisez, en espagnol la réflexion de sans doute le plus pertinent penseur politique contemporain Zygmunt Bauman:
http://www.rebelion.org/noticia.php?id=24178)
Bientôt la sexualité sera aussi interdite que le tabac, on commence à nous y préparer, le climat monte. On parie?



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