16/6/2006 Je crois que s’il y avait encore une France, s’il y avait encore des
gares, s’il y avait encore des trains, s’il y avait encore des hôtels, je partirais quand même (en vacances) je ne sais pas où, à l’aventure, (comme on pouvait encore faire il y a 30 ans, plus
maintenant, ça ferait du bien, peut-être. Ne fusse que voir défiler des robiniers.
Mais il n’y a plus rien de tout ça. Il n’y a plus que des flics, des vitres scellées, des caméras de surveillance, un monde Orwellien ou seul pour des cadres sup’ (et encore s’ils aiment ça et
sont bien déshumanisés) il y a de la place, un monde stalinien et névrotique, il n’y a plus rien, plus de France, plus rien dedans
tout est ravagé par la piraterie mafieuse, la mort, et la laideur.
« Genuojn miajn eksurrampas
Por elrigardi mia filo »
(Lörine Szabó)
eh oui, quel malheur ! où est-il mon fils ?
Remarques, mon père, j’ai plus d’une fois escaladé ses genoux, qu’est-ce qu’il en a de plus maintenant ?! …
ah ! mon mimi ! il a beau être égoïste, « on en mangerait !! ».
Je suis fou de mon chat !
Comme maman était folle de moi.
Normal: « du sang c’est pas d’l’eau » comme on dit dans le Cambraisis.
Quand j'étais petit, l'horreur du néant, l'épouvante de la mort, me pressait tellement par moment que je m'efforçais de compter : un, deux, trois, etc, le plus vite possible et sans arrêt pour
essayer de ne pas penser.
SENDORME
Vi diris : « Atendu min, mi revenos dum steloza nokto
Mute, kvazaŭ kato
Vin mi tuŝos tenere »
Kaj nun mi vin atendas, dume daŭras sendormaj noktoj senfine.
Manoj miaj karesas la korpon, varma haŭto sopiras al loko, kiu nune frostas,
Kie antaŭe vi kuŝis varme.
Mallumon mi volvigas ĉirkaŭ la manfingroj
Same kiel noktan mantelon
Taŭzas branĉojn de l’arboj.
Nur steloj forgesis brili same
Kaj la krescento ne plu flugiligas pensojn.
La nokto etendiĝas ene de mi – tempo,
Sekundoj forpasas mute – la horoj.
Sed apenaŭ la vejnoj enhavas lafan sangon.
Sed frosto proksimiĝas
Kaj papilioj forflugis el la sonĝoj.
3/9/2003
Princo
16 février, aujourd’hui c’est la Sainte julienne.
Julienne ! je me souviens, c’était une vieille, très vieille, toute décrépite et bouffie (à peu près autant
que « ma tante Céline » http://www.ipernity.com/blog/r.platteau/109020 elle devait être de la même génération puisque
c’était avant 1960), veuve qui vivait à 3 maisons de chez nous, on avait obtenu de louer son jardin pour le cultiver, et papa y produisait ainsi des légumes ( et à moi, tout petit que j’étais on
m’en avait attribué un tout petit bout pour être MON jardin à moi !) chez elle on voyait une très vielle photographie sépia défraichi, de son mari, d’un temps lointain, du temps qu’elle
était jeune et avait l'avenir devant elle - ça devait être avant 14 ! ou au mieux 1920 – elle ne bougeait plus de son rez-de-chaussée et faisait la sieste tous les après-midi sur son
grabat (il n’y a pas d’autre terme !) tout sale où elle se couchait en mettant une peau de chat (si ! pauvres bêtes, ça avait la réputation d’être « électrique » et de fournir
de la chaleur !) pour se tenir chaud.
A la fin elle (Julienne) est morte « comme ça » assise à sa table pour manger, en revenant Mathilde l’a
vue immobile et s’est rendu compte qu’elle était morte.
A partir de là on n’est plus allé dans son jardin, qui était devenu un peu le notre, la maison était vendu en
viager au médecin d’en face, qui y a pris sa retraite.
Ah ! bien sûr , elle avait aussi un chat (vivant !) en plus, je ne me souviens plus bien de
lui.
Oui, comme on était en 1960 à cette époque on ne laissait pas les vieux tout seuls ( … ) et il y avait donc une
autre vieille, mais moins vieille, vieille fille et dévote, comme il y en avait des masses en Flandre à l’époque, Mathilde, qui était venu vivre avec elle.
De même on avait des relations et rendait à l’occasion des services à une vieille dame, Mme Tauphar, qui
pourtant habitait encore plus loin. Elle était prof de violon en retraite, veuve elle aussi, et membre de la SPA. Un jour maman lui a même dit tout de go qu’elle devrait nous léguer son
violon ! Un soir j’étais aller porter je ne sais quoi chez elle, elle s’et mise à dire que c’était l’anniversaire de la mort de son mari, et puis elle a ajouté que c’était triste d’être seule.
Moi que le seul mot de « mort » faisait fuir, je ne lui ai pas répondu et suis reparti. Je m’en veux maintenant.
Je n’ai plus aucune possibilité de connaître des plaisirs ou de vivre des valeurs et n’en aurai plus jamais désormais, alors je proclame et sème pour les autres.
"plus rien pour moi ne se passera sur la terre"
(Montherlant, Cardinal d'Espagne)
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