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Pompidou, quelque soit le peu de sympathie qu’on puisse avoir pour sa politique (et aussi l’écologie, qui n’atait rien moins qu’à la mode à l’époque ! si on l’avait écouté, les berges de la Seine à Paris auraient été détruites et remplacées par deux autoroutes bourrées de voitures !) il y a quelques choses qui le « sauvent ». Un, les vers d’Eluard qu’il a récité devant la mort d’une enseignante qui s’était suicidée pour une affaire de ce qu’on appelerait aujourd’hui de la "pédophilie" : elle voulait épouser un de ses élèves, mineur d’age. Deux - il ne faut pas oublier qu’avant d’être Premier ministre, et avant que les gens chantent à tue tête dans la rue sur l’air de "ohé matelot" :
« Pompi- Pompi- Pompidou !
Pompidou navigue sur nos sous. »
il a d’abord été agrégé de lettres -
c’est donc son Anthologie de la poésie française, toujours rééditée, toujours appréciée.
(Et je lui suis gré à la rubrique Francis Jammes d'avoir choisi ces deux poèmes sublimes que sont "Il va neiger" et "Prière pour aller au paradis avec les
ânes".)
Et une chose de particulier qu’il y a dans cette anthologie (certes il y en a d’autres de célèbres et remarquables, celle de Jean-François Revel, celle de Seghers - Le livre d’or de la poésie française, qui est celle que je préfère, même si j’apprécie beaucoup les deux autres aussi) et qui la rend particulièrement émouvante, c’est que à la fin il y a un petit chapitre annexe, un chapitre qui est un peu l’anthologie de l’anthologie, ou si l’on préfère SON anthologie personnelle et intime où il a rassemblé, les poèmes entiers (rarement) ou les vers isolés et épars (le plus souvent) « qui me hantent ou me touchent particulièrement ». Ecoutez bien : il a dit « qui me hantent ou me touchent particulièrement ».
Eh oui ! la poésie c’est fait pour être vivant au cœur même des hommes, au cœur même de leur âme et les suivre dans leur vie
quotidienne ( http://miiraslimake.over-blog.com/article-173783-6.html )
Je ne citerai pas ici tout ce super-choix personnel de Pompidou (qui donne de lui une bien autre image que son action politique !) j’en mettrai ici seulement quelques extraits de ces
extraits. «Choisis » ( !) à leur tour.
Dans le désordre :
Anonyme
Orléans, Beaugency,
Notre-Dame de Cléry
Vendôme, Vendôme
Pierre Mac Orlan :
Mon Dieu , ramn’nez-moi dans ma belle enfance
Quartier Saint-François, au Bassin du Roy…
Apollinaire :
Je connais gens de toutes sortes
Ils n’égalent pas leurs destins
Indécis comme feuilles mortes
Leurs yeux sont des feux mal éteints
Leur cœurs battent comme des portes.
*
Sai-je où s'en iront tes cheveux
Crépus comme mer qui moutonne
Sais-je où s'en iront tes cheveux
Et tes mains feuilles de l'automne…
*
Adieu faux amour confondu
Avec la femme qui s'éloigne
Avec celle que j'ai perdue
L'année dernière en Allemagne
Et que je ne reverrai plus
.....
Et sur le pont des Reviens-t'en
Si jamais revient cette femme
*
La vie est variable aussi bien que l'Euripe…
Tristan L'Hermite :
Et faire des bouquets en la saison des roses.
Maurice Scève :
L'aube éteignait étoiles à foison...
Paul Valéry :
Ayant peur de mourir lorsque je couche seul.
Paul-Jean Toulet :
…
En Arles où sont les Alyscamps…
Joachim du Bellay :
où est ce coeur vainqueur de toute adversité...
Beaudelaire :
C'est que notre âme, hélas n'est pas assez hardie...
*
Je te donne ces vers afin que si mon nom
Aborde heureusement aux époques lointaines,
Et fait rêver un soir les cervelles humaines,
Vaisseau favorisé par un grand aquilon,
Alfred de Vigny :
Les grands bois et les champs sont de vastes asiles
Libres comme la mer autour des sombres îles.
Marches à travers champs une fleur à la main…
Pour nos cheveux unis, un lit silencieux…
Je dirai qu’ils sont beaux quand tes yeux l’auront dit…..
*
Donc ce que j’ai voulu, Seigneur, n’existe pas…
Chanson de toile du 12ème siècle:
Le samedi au soir, fat la semaine,
Gaiete et Oriour, seurs germaines,
Main en main vont baigner à la fontaine.
Vante l’ore et li raime crollent ;
Qui s’entraiment souef dorment.
L’enfans Gerard revient de la quintaine,
S’est choisie Gaiete sor la fontaine,
Entre ses bras l’a pris, souef l’a strainte.
Vante l’ore et li raime crollent :
Qui s’entraiment souef dorment.
Verlaine :
Et vraiment, quand la mort viendra, que reste-t-il?...
Charles d’Orléans
En regardant vers le pays de France
Un jour m’advint à Douvres sur la mer…
Marie de France
Belle amie, si est de nous:
Ni vous sans moi, ni moi sans vous ! …
Jean de La Fontaine
J’aime le jeu, l’amour, les livres, la musique,
La ville, la campagne, enfin tout ; il n’est rien
Qui ne me soit souverain bien
Jusqu’au sombre plaisir d’un cœur mélancolique …
Racine :
Je demeurai longtemps errant dans Césarée …
Pour jamais! Ah! Seigneur, songez-vous en vous-même
Combien ce mot cruel est affreux quand on aime?
Dans un mois, dans un an comment souffrirons-nous,
Seigneurs que tant de mers me séparent de vous?
Que je jour recommence et que le jour finisse
Sans que jamais Titus puisse voir Bérénice
Sans que de tout le jour je puisse voir Titus?
Hugo :
J'ai dans mon âme une fleur que nul ne peut ceuillir…
Lamartine :
Tes jours, sombres et court comme les jours d'automne ...
Je suis déjà solitaire
Parmis ceux de ma saison…