Le si divin concerto n°20 de Mozart représenté à Prague en 1950 (1) : On « sent » (et par moment on
entend tousser) les gens, on entend qu’on est dans une représentation dans une vraie salle et en direct ; tous ces gens « packed » là, tous ensembles, bien au chaud, confortablement
installés, emportés sur les hautes sphères de l’âme humaine et de la beauté par cette musique, il est probable qu’il n’en reste pas un seul de
vivant …
Cet enregistrement c’est une voix d’outre-tombe, tous ces néants là vivants, si vivants, qu’on devine leur présence ( et pas seulement celle des
musiciens, morts aux aussi, moi j’étais un bébé alors, vivant aussi, et pas conscient qu’il y avait un Prague sur terre et que ça se passait, au delà de la « belle balle ») et qui sont
morts maintenant, qu’en dire ? comme dirait Genevoix. Est-ce qu’eux aussi nous tendent les bras depuis là bas, où ? inutile de faire de l’ironie facile, non si on retournait au
Philamonique de Prague le décor serait banal et il n’y aurait nulle trace des concerts passés, ni des cadavres évanouis
(1) diffusé sur France Musique le 4 janvier 2006 au soir
4/1/2006, ça
lui ferait 99 ans ....épouvantable