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lutte des classes, humanisme, actualité- valeurs de la vie contre les valeurs de mort- Sécuritarisme & Totalitarisme- Esperanto- Littérature, poésie

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Imre von der Heydt

Un livre indispensable pour comprendre la société dans la quelle nous vivons, et pour échapper à la glue où  on a collé notre pensée de bons veaux du troupeau bien obéissant, qui "fait où on lui dit de faire", pour apprendre à réfléchir et à mettre en cause les prétendues "évidences" est le dernier livre de Imre von der Heydt
"Une cigarette?" qui vient de paraître en français chez Actes Sud

Voici seulement quelques  citations du premier chapitre, il y a douze chapitres, tous plus éclairants et dérangeants les uns que les autres:


"Les politiques de mise en garde et d'interdiction prennent des traits de plus en plus grotesques, au point de détonner dans une société qui se veut moderne, éclairée et démocratique. Et même certains irréductibles non-fumeurs sont gagnés par le sentiment que l’hystérie autour du tabac prend peu à peu des proportions démesurées. »   

 « Fumer… dépense inutile, péché, vice impie : tout porte à croire que les fondamentaux ascétiques si bien ancrés dans notre tradition chrétienne sont uin des principaux moteurs de l’actuel mouvement anti-tabac. »


 « La doctrine chrétienne de l’abstinence, la défiance puritaine envers le corps et les plaisirs out tout simplement la Prohibition américaine nous renseigne quant aux motivations de cette croisade anti-tabac »

et ici il rappelle la phrase de Nietzsche :

«  … cette haine de l’humain …. Cette horreur des sens …. Cette peur du bonheur et de la beauté, ce désir  d’échapper à l’apparence , au changement, au devenir, à la mort, à tout projet, au désir même – tout cela signifie une aversion de la vie »


 « A l’époque moderne, la médecine a en effet peu à peu supplanté le gardien des mœurs et le péché chrétien s’est mué en un vice médical."    
http://miiraslimake.over-blog.com/archive-01-21-2006.html


  "Dès ses débuts, la lutte contre le tabac s’est doublée d’une lutte contre le droit auplaisir et à la satisfaction individuelle. Et depuis toujours, prêtres, médecins et parfois dirigeants politiques se retrouvent au moins sur un point : le maintien de l’ordre moral exige que la soif de plaisir soit canalisée »

  "Disposer d’individus consciencieux, maîtres d’eux-mêmes et plein d’abnégation n’est pas la moindre des conditions pour un déroulement sans heurt du travail »

« Tout ceci expliquant pourquoi les domaines de l’existence ayant trait au plaisir – sexualité, oisiveté, tout ce qui ne relève pas du strict nécesaire – ont toujours été frappés d’une réglementation sévère, alors que, dans la plupart des cas, les domaines tels que la guerre ou le travail ont longtemps échappé à tout scrupule moral ou sanitaire !

(n’est-on pas en train de nous refaire le même coup relativement aux divers facteurs cancérigènes qui s’abattent sur nous depuis 1950 ?…)

"Ce n’est pas non plus par hasard si l’Eglise catholique s’est appliqué avec tant d’énergie à l’élaboration et la mise en oeuvre d’une doctrine sexuelle sans merci qui suffirait à remplir des bibliothèques entières alors que, pendant des siècles elle s’est cantonnée dans un consentement muet au sujet de la guerre »

 

"Une chose est sûre, le terme « santé » n’est pas inoffensif.
Derrière le visage souriant de la prévoyance sanitaire se cache bien souvent le froid calcul d’une politique de l’ordre doublée d’une tutelle morale. Cela est d’autant plus criant si l’on considère le prosélytisme du mouvement anti-tabac actuel qui, dans son essence même, est profondément intolérant, anti-démocratique et liberticide »

  "Le combat contre le tabac s’inscrit ainsi dans une lutte contre la culture et la diversité »

"En ce sens, on pourrait s’en tenir à l’adage suivant : il en va du tabac comme de la plupart des autres aspects de la vie. En quantité exagérée, il peut présenter un risque pour la santé – au même titre que les excès de nourriture et d’alcool, le stress, le manque de sommeil, les gaz d’échappement, les substances toxiques….

Tout médecin qui se respecte le sait, c’est le dosage qui fait la différence entre un remède et un poison. Sola dosis facit venenum. »
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R
Pour une fois Alain Finkielkraut! - qui s'est fendu de propos assez infects ces temps-ci - ça lui arrive de se souvenir d'être humaniste! voici ce qu'il vient de déclarer dans une revue:"je suis atterré par la loi…/…Je déteste cette self righteousness, cette bonne conscience, cette certitude d’être dans son bon droit. Ces gens sont anti-tabac aujourd’hui comme, à une autre époque, ils auraient été anti-autre chose. Il y a là, dans cette soumission extatique à l’esprit du temps, une violence flasque qui me glace le sang. Je pense qu’on aurait dû en rester au modus vivendi précédent. Mais, une des manières de faire vivre le lien social, c‘est…/… d’entretenir l’union sacrée. Les nouvelles croisades anti-tabac s’enivrent d’isoler, d’externaliser et de supprimer le mal. Ce n’est pas de la médecine préventive, c’est de la superstitionbravo! là il a pleinement raison.
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