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Paul Guth

Dans le suite de http://miiraslimake.over-blog.com/archive-11-12-2007.html
et de http://miiraslimake.over-blog.com/archive-11-13-2007.html

je continue.
Aujourd'hui je vous recommande la lecture de "Le Naïf sous les drapeaux" de Paul Guth
Je ne sais pas ce que valent les autres livres de la série des "naïf", mais si ils valent celui-ci ils doivent être de petits bijoux aussi.
Dans ce livre où Paul Guth, agrégé des lettre, fils d'un mécanicien du Sud-Ouest, devenu écrivain, raconte son service militaire en 33 et surtout sa mobilisation durant la période de la "Drole de guerre" en 39-40.
Ce livre plein de charme, de culture lettrée, de poésie et d'humour nous plonge dans une France qui était encore un vrai pays, un pays fait par des humains pour des humains.
Loin de ce sinistre espace actuel livré au "Libéral-fascisme" qu'elle est devenue. Une France où apparemment on avait encore le temps de perdre son temps, de manger au restaurant, et même de regarder travailler les autres, non seulement sans risquer de se le faire interdire pour d'hypocrites "raisons de sécurité" où soupçonner de "terrorisme", mais même pas de  se faire reprocher par des "Qu'est-ce que tu fais-là? ... Tu n'as pas de boulot ailleurs? Ils acceptaient ma présence. Leurs silences et leurs sourires me laissaient croire qu'elle leur faisait du bien."
Malgré la pudeur de l'auteur on s'en sent tout à coup très proche et on vit par ses yeux ces évènements, ces lieux, ces personnes, dérisoires (?) humains sûrement; à travers son style humoristique (ou pseudo-humoristique?) son maniérisme, ses gentille caricatures, l'ironie de ses accès de d'emphase et de rhétorique, à prendre au second degré (ou bien au contraire s'agit d'une pseudo-ironie qui cache,  une adhésion sérieuse à des valeurs qu'il a peur de prendre trop au sérieux?), la pésie vraie, et l'émotion sous-jacente de l'homme, donne une épaisseur humaine à ces moments d'une époque où la France était, malgré tout le reste, à visage humain.

 

( "Le chat beauté" aussi vaut le coup. Paul Guth est un écrivain "de droite" mais c'était, à l'époque, une droite pas bien méchante et pas bien dangereuse - pas comme la droite de prédateurs totalitaires de maintenant ! - simplement un monde de petits patrons, rentiers, professeurs, attachés à des traditions, et qui désiraient surtout pouvoir continuer de vivre comme ça, avec leurs privilèges et leurs habitudes sans qu'on les fasse trop chier. Cette droite s'opposait contre la gauche d'alors, la gauche bourgeo-soixante-huitarde, celle même qu'on a vu par la suite sous nos yeux ébahis et épouvantés se convertir avec une facilité déconcertante en réactionnaires et suppot du libéral-fascisme! )


Achetez-le (d'occasion, il n'a pas été réédité) ou empruntez-le, lorsque vous l'aurez lu ses scènes  poursuivront votre mémoire.
Ne fusse que cette délicieuse et poétique chasse à travers les rues et avenues de Paris autour du quartier des ministères, dans l'espoir de trouver la mystérieuse liqueur Tisch! ou ces émouvantes promenades que lui et sa femme faisaient , à deux ( .....), dans la campagne tranquille autour de Saint-Sever, alors qu'approchait le jour où la vraie guerre allait tomber sur la France.

Paul Guth dit aussi :

« j’aimais les pompes, mêmes funèbres. Chaque pompe cache un symbole, souvent trahi. La pompe renferme plus de vérité que le misérabilisme des lâches. Elle fait leur part aux sens, et satisfait l’esprit. » (P. Guth - Le Chat Beauté)


mais surtout c'est le livre où on trouve :

 

"- Entrez! criai-je en tournant le dos à la porte et en m'entortillant rageusement dans les draps.
Un vol suave de baisers m'enveloppa. Une présence d'une douceur ineffable, mêlée au flottement d'un manteau, à une odeur d'eau de roses, et au chatouillis d'une tresse qui se dénouait. Avant même de m'éveiller je reconnus Isabelle." (sa femme)

 

 

 

 

 


pour vos achats de livres aussi, boycottez les monstres financiers, achetez "artisanal", auprès de petits bouquinistes par l'intermédiaire de "livre-rare.com"
 

 

 

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