Par R. Platteau
"Gardons un visage dur et fermé devant les autres : ils ne comprendraient pas notre souffrance et notre solitude. La pureté de nos sentiments, notre naïveté profonde, tout ce qui nous tient
proches, depuis l'enfance, des animaux, leur paraîtrait incompréhensible et incroyable.
Toutes nos vies de chats sont des histoires tristes, parce qu'ils vivent beaucoup moins longtemps que nous et que nous sommes condamnés à les voir presque tous disparaître. C'est chez les bêtes que
nous sentons le mieux la tragique que comporte toute vie, le mépris indécent qu'affiche la nature à l'égard de l'individu.
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Ces petits animaux, qui attendent tout de nous, qu'une caresse peut sauver de la nuit et du malheur, c'est leur solitude fondamentale qui nous rapproche d'eux. Ils attendent de nous d'être rassurés
et que nous répondions à cette interrogation muette qu'ils portent en eux, pour que leur vie, si brève soit autre chose qu'un absurde voyage au bout de la cruauté."
(Gilbert Ganne)