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vivre - c'est pour tous à la première personne du présent

Vous savez qu'ils existent, vous les voyez parfois (pas toujours) :



Patrick Henry, en charge depuis 1992 de la "Lutte contre la grande exclusion" à la RATP, estime à environ 4.500/5.000 le nombre de sans-abri clochardisés à Paris et en banlieue.

"A l'origine, tous souffrent de carences affectives. C'est sur ce terrain fragilisé qu'un divorce, un licenciement, un deuil vont prendre la dimension d'une catastrophe, quand elle s'accompagne d'une privation de logement", explique-t-il.

"Ils se coupent de leur corps, de leur affect, de leur pensée. Le déni d'eux-mêmes les déconnectent du sensoriel et du psychisme", explique à l'AFP le Dr Jean Furtos, psychiatre, chef de service à l'Hôpital du Vinatier (Lyon).

Paradoxalement, ces survivants se trouvent plus marginalisés encore, depuis que l'actualité se focalise sur le problème criant des "mal logés". Parce qu'ils ne demandent rien. "Invisibles" et "inaudibles" pour la société.

"Leur pied est gangrené: ils disent que ce n'est rien", note le Dr Furtos, On les croit schizophrènes: ils ont mis hors circuit une intelligence qui revient, intacte, lorsqu'on les ré-humanise".

"Ce sont des gens qui, pour survivre, s'empêchent de vivre. Pour échapper à l'horreur du réel", résume Patrick Henry, qui fut le premier médecin à ouvrir une consultation pour les sans-abri, à Nanterre (Hauts-de-Seine) en 1984.

"Je me souviens d'un homme venu pour une gale. En ôtant sa chaussette, un orteil tout noir, pourri, est tombé, laissant apparaître une phalange nue. On a voulu l'hospitaliser: il n'a accepté qu'un pansement. De mauvaise grâce".

Avec la lutte pour la survie dans l'univers hostile de la rue -intempéries, agressions, vols-, apparaît la spirale descendante de la souffrance psychique d'origine sociale. Avec trois paliers possibles, selon le Dr Furtos.

"La souffrance peut stimuler, aider à vivre comme +le bon stress+. Les femmes gardent plus longtemps que les hommes la capacité à être encouragées et à s'encourager entre elles pour s'en sortir".

"Mais, cette différence disparaît dès qu'on passe du découragement au désespoir. On glisse vers la mélancolie sociale, sans morbidité psychiatrique. Amertume, agressivité, violence, affections psychosomatiques s'installent au détriment de la capacité d'agir, de parler".

"Vient le dernier stade, celui du syndrome d'auto-exclusion, ou si l'on préfère l'état de stress majeur, qui conduit à vouloir sortir de soi".

"Imaginez un grave accident de voiture: votre stress est si grand que vous ne sentez plus votre corps sur le moment. (exact, je m'en suis rendu compte en août 2000) Plus tard, vous découvrirez que vous avez perdu un litre de sang ou 200g de chair".

"Certaines personnes sont capables, en situation psychosociale d'exclusion, de se couper d'elles-mêmes pendant des jours, des mois, des années", note le Dr Furtos, également directeur scientifique de l'Observatoire National des Pratiques en Santé Mentale.

Au départ, le corps est comme anesthésié. On ne sent plus la douleur. D'autant qu'elle est incompatible avec la lutte pour la survie. "50 % des femmes clochardisées sont en aménorrhée secondaire. Déféminisées", relève le Dr Henry.

Suit l'émoussement affectif ou, à l'inverse, une hypomanie, une excitabilité permanente. Enfin l'intelligence est mise hors circuit.

"Plus que tout, ce sont l'abandon, le rejet, la solitude qui les tuent", conclut Patrick Henry.


 

"Licenciement" .... (pour ne pas parler du reste ! ... ) il y a des assasins qui s'ignorent (ou veulent s'ignorer) qui se promènent parmi nous (derrière leurs vitres blindées)


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R
"L'autre jour, dans un salon qui ouvre de plein pied sur un jardin, on trouva, roulé en boule, un chat, mais quel chat ! Un être efflanqué, galeux, si las de la vie qu'il semblait indifférent à tout, sauf à sa sensation du moment, qui était, fait inespéré, d'avoir réussi à avoir chaud par un jour de pluie. Il avait faim aussi, mais n'étant pas de ces chats qui n'ont qu'à se frotter à leur maîtresse pour obtenir des choses qui se lapent ou des choses qui se mangent, il n'y songeait pas. Son étonnement fut visiblement très grand quand il se vit entouré d'un groupe d'humains qui lui offraient du lait et des gâteaux. Il n'avait pas peur, il était surpris comme nous le serions sur une route déserte, si, ayant soif et faim, une table servie surgissait à nos pieds. Les gens ne l'effrayaient pas parce qu'il n'en avait sans doute encore reçu aucun mal, mais ne l'attiraient pas, parce qu'il n'en avait reçu aucun bien. Les bêtes m'inspirent presque plus de pitié que les hommes, parce qu'elles sont encore plus effarées devant le malheur. Elles n'ont pas la ressource de maudire leurs frères et la société, ce qui est tout de même une distraction. Quelles réflexions un homme n'aurait-il pas faites, réduit à la condition errante et affamée de ce chat de misère ! Je vois cependant un point où la condition du chat était meilleure. Si cela avait été un humain qui se fût glissé dans le salon et se fût affalé sur un fauteuil, il est probable qu'on ne lui eût offert ni lait ni gâteaux et qu'on ne se fût pas penché sur lui pour admirer l'éclat de ses yeux" (Rémy de Gourmont Le Chat de misère, 1912)
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E
Cher blogueurton blog me tord les tripessais-tu que je suis spécialisée en sdf ? J'ai écrit tant de choses sur eux ! Je t'embrasse eva
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R
<br /> merci<br /> <br /> <br />
C
Un SDF est décédé à cause du froid la nuit dernière, il avait 42 ans. Ce n'es pas le 1er, ce ne sera pas le dernier, les "assassins" ne finront pas en prison.Je reprend ton article Roland.Bises
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R
<br /> merci, ça fait plaisir !<br /> <br /> <br />