lutte des classes, humanisme, actualité- valeurs de la vie contre les valeurs de mort- Sécuritarisme & Totalitarisme- Esperanto- Littérature, poésie
Vit-il encore ? Mon Dieu comme c’est loin déjà, loin… on en chialerait (pour Léon ? - pour la disparition de toutes choses)
Qui a connu Léon G******** ne peut l’oublier !!! c’était une « vedette ».
Poseur, phraseur, catalan, d’extrème-droite, mais sympathique malgrè tout, et en tout cas pittoresque et inoubliable, physiquement de type « pyrénéen ».
Il était Chef du Service de « l’Inspection du Travail et des Lois Sociales en Agriculture » (ITEPSA), à l’étage de la maison où nous étions avec l’ONIC . Comme D********* et lui étaient copains, quand ils ont du déménager, il a laissé D********* s’occuper de tout et celui-ci l’a « emmené avec lui » !
Il était catalan de Porté-Puymorens, où son père était négociant en mulets. Il était d’extrême–droite ; de Le Pen il disait avec son accent et sa théatralité bien familière : « ah, les braves gens ! ah les braves gens ! » …
Il avait commencé sa carrière au Maroc, où il s’était opposé à la décolonisation, aussi on l’avait muté d’office à titre de sanction dans le Nord. Il exécrait De Gaulle, qu’il évoquait en disant « celui dont je ne veux même pas prononcer le nom !» et il faisait semblant de cracher par terre. Mais comme c’est souvent le cas (et à l’inverse !!! combien de gens sont arrivés par exemple dans les fourgons des « socialistes » qui étaient des gens humainement infects, avides, durs, tordus, intéressés (à l’ONIC il suffit d’évoquer l’infect L***oze, qui a laissé un souvenir impérissable un jour dans les services régionaux de L**** !….) il avait beau être politiquement très à droite, humainement c’était dans le fonds un brave homme (on en a connu beaucoup de bien pires, et on en connaît), même si dans le boulot, il était paraît-il lunatique, pas toujours facile, mais de Noëlle s’il aimait à parler d’elle comme « une employée épisodique », ou s’il la traitait d’« emmplâtre » (avé l’assen) il n’a jamais - contrairement à d’autres.... - cherché à la faire virer.
Et bien sûr ses innombrables phrases typiques, qui sont passées « à la postérité » (oui… la postérité ! ... Au fait y a –t-il maintenant quelqu’un qui s’en souvient encore ? à part moi, de ces phrases qu’on se répétait entre-nous et qui étaient dans nos bureaux aussi célèbres que des mots historiques !) , et même il y a des phrases que depuis lors je ne peux prononcer sans l'imiter et ajouter "comme disait G********" .
Sur Noëlle (mon Dieu ! la pauvre Noëlle ! ... qui est morte), celle qu'on surnommait gentiment "Mamie Nova", en parlant de sa poitrine plantureuse : « Tu as de bons flotteurs, tu as de bons flotteurs, tu as de bons flotteurs » (et avé l’assen !)
Oui, bien sûr d’abord il y avait son habitude de tout répéter trois fois, (comme les grives musiciennes !) !
Il aimait aussi se déclarer « aud-dessus de connteinngenceus materrielles », et depuis lors j'utilise
cette expression (et avé l'assen !) chaque fois que je veux critiquer certains types de notables (les IEN par exemples), ayant une attitude qu'on pourrait ironiquement qualifier comme ça (
incapables, négligents ou cavaliers sur les questions pratiques et réglementaires - il ne s'agit d'ailleurs pas de celle de G********, c'est juste parce que l'expression me
poursuit)
Et sa prononciation catalane qui lui faisait dire toujours, et avec emphase, je crois qu’il le faisait exprès, c’était j’ai dit un théâtral, et un
poseur : « des ã
(prononcer « an » nasalisé) nées et des ãnées ! »
Sa critique dédaigneuse et vexée de ce qu’on fermait à clef nos bureaux (qu’aurait-il dit hélas .. s’il avait connu l’époque actuelle !!! ses digicodes, son hystérie de fermeture « sécuritaire », tout de droite qu’il était, il aurait rejeté ça avec mépris et un crachat ostensiblement simulé !)
« Ces clés dérsoireu-z-et vexatoires ! »
et
« Vos portes serrrrurées, verrrrouillées, caddenasssées !! »
Il racontait aussi avec complaisance que quand des campeurs lui demandaient l’autorisation de planter leur tente dans son pré là haut dans la montagne (en fait il n’habitait plus à Porté, mais quand il a pris sa retraite (quand ? il était d’âge avec Devochelle, sans doute en 82 ? plus tard ? peut-être il doit avoir 90 ans maintenant …..quelle horreur !!!!! il vivait encore en 2007 paraît-il, mais pour combien de temps ? il était là pourtant sous nos yeux, portant beau et cambré comme un chanteur de charme, sous nos yeux, je l’entend encore, ce n’était pas hier ? ah bon ?….) quand il a pris sa retraite il est parti habiter à Bourg-Madame, dans la vallée, à la frontière espagnole, c’est là qu’il avait sa maison, (quand en juin 88 je suis passé à Bourg-Madame, je suis allé voir sa rue, mais je n’ai pas osé sonner à sa porte). Il racontait donc,
qu’il leur donnait la permission, en leur demandant seulement de ne pas se mettre sous l’arbre, car comme il n’y en avait qu’un, ce-faisant ils « privatiseraient » le pré (bon, je crois que c’est là l’espèce de démagogie, qu’à cette époque - Devochelle aussi faisait ce genre de choses, et plein d’hommes politiques - les hommes de droite se plaisaient ou se croyaient obligés de faire : se dédouaner du « stigmate » d’être de droite - à cette époque la droite était « honteuse » et hypocrite, comme les temps ont changés !! - et « damer le pion » à la gauche sur leur propre terrain !).
Et bien sûr ça se terminait toujours par « il faut se serrer ! il faut se serrer !» (adressé à un jeune
couple pour ne pas avoir froid la nuit ! … Il y avait aussi sa phrase : « On s ‘aime et on ne sème pas ! », et en parlant des femmes charnues : "elles ont tout ce
qu'il faut là où il faut" Il était très porté sur la « gerlousette » dans ses plaisanteries, (en fait tout le monde à l’époque, c’était presque un rite obligatoire, d’introduire un max
d’allusions et d’histoires drôles licencieuses et osées, là aussi comme le monde a changé !! maintenant on n’entend plus jamais rien, une chape de béton de puritanisme (pire que du temps du
prétendument puritain XIXème siècle, qui en fait justement était comme Gava, et pas du tout comme les austères « Talibans » actuels !) inhibé, sévère, criminalisateur, moralisateur
et sérieux s’est abattu en quelques années sur la France, sans qu’on s’en aperçoive. Mais nos Ayatollahs actuels s’ils réentendaient seulement ce qui faisait le quotidien des conversations entre hommes et femmes dans les bureaux, etc. il y a seulement vingt ans, ils seraient
outrés, et ils crieraient aussitôt au « harcèlement sexuel » au « machisme » à la « perversité » ils appelleraient la police ! ils « signaleraient »
tout le monde comme pervers sexuels !
Et il était très formaliste (mais encore une fois, en fait beaucoup moins pète-sec et rigide que bien des gens y compris ceux affectant d’être très à gauche et décontractés etc.) : Je le saluais en disant « Bonjour Monsieur » et alors il partait en répétant : « Je m’appelle G********, Je m’appelle G********, je m’appelle G******** », mais quand je lui serrait la main en lui disant « Monsieur G******** ! » il lançait « moi je dis « bonjour » aux gens !».
Il y a
encore plein de formules qu’il aimait à répéter, car il passait parfois des après-midi entières dans nos bureaux (nos, bureaux même pas les siens !) à pérorer, raconter, longuement, très longuement, des anecdotes,
souvent insignifiantes,
mais que les gens écoutaient pourtant avec attention (comment avait-il le don de captiver ainsi l’attention, même avec des riens, alors que moi, même avec des choses intéressantes, je n’ai jamais su, le toupet suffit-il ?)
Et comme il aimait à dire que dans le Nord nous avions un climat bénit des dieux, alors que dans le midi il pleut, il y a des inondations catastrophiques, il fait un froid terrible (oui ! sur les Causses ! ou dans SON midi à lui tout en haut des Pyrénées !). Et d’ailleurs on le voyait même en plein hiver en chemise dans les rues d’*****.
Et bien sûr on l’apellait entre nous « Léon » (Léon ! Léon ! comme font les paons) ou « Gava ».
On racontait sur lui qu’il ne fermait jamais ses portes de maison, que quand il achetait même une voiture, il sortait toute une liasse de gros billets de sa poche et qu’il payait en liquide, etc, etc.
Qu’il disait des ouvriers agricoles espagnols : « si vous cherchez un danseur mondain, prenez un espagnol ; mais si vous cherchez un ouvrier agricole, ne prenez pas un espagnol ! »