Quel beau destin que celui d'Evo Morales ! Né dans une famille paysanne misérable (il ramassait les écorces d'orange que les gens jetaient de la fenêtre des bus)
devenu syndicaliste, et maintenant président de son pays, reçu par le roi de l'ancien pays colonisateur (qu'il a d'ailleurs rencontré en pull et à qui il a serré la main au lieu de remplir les
formes protocolaires!) , en 1992 il était encore sans le sous et, comme il l'explique dans cette interwiev il a eu bien du mal (et encore grâce à la solidarité militante des péruviens) à rentrer
chez lui de son premier voyage à Cuba, où il s'est nourri uniquement des petit-déjeuners qui étaient gratuits, car il ne pouvait pas payer les autres repas.
Mais le plus interessant de l'interwiev n'est pas là, il est dans l'éloge qu'il fait de Fidel Castro. "Fidel", comme l'apellent tous les cubains et les
latino-américains ("lider maximo" est une expression que n'utilisent que les journalistes occidentaux anti-communistes !) que notre presse "voix de nos maîtres" diabolise rituellement, n'est
pas un dictateur idéologique; s'il a établi son régime par la guerre, puis s'il en a fait un régime à parti unique, c'est poussé par les circonstances, mais par exemple à Evo (tout le monde
l'appelle Evo) il a conseillé de rester démocrate car, dit-il, les temps ont changé, maintenant la révolution doit se faire démocratiquement. De toutes façons, Evo à Cuba ne voit "aucune
dictature", il n'y voit que "de la solidarité et de l'égalité".
Enfin on y trouve ce jugement , certainement juste, et important: "Estou convencido de que os indígenas são a reserva moral da América Latina"
lisez ici l'interwiev d'Evo dans sa petite maison de Cochabamba (un à qui le goût du luxe n'est pas monté à la tête, contrairement
à Lula!), où le seul détail qui change est la présence de deux voitures des services de sécurité présidentiels garés devant.