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il est mort Jean Dutour

extrait de ma liste de "Livres recommandés" :

Linux c'est une vraie merde, ça ne vaut rien du tout



* "Jeannot, mémoires d'un enfant" de Jean DUTOUR
chez Plon - 2000.
Pour changer, un sujet plus souriant , ?  vraiment ? non, la vie n'a rien de souriant, et les souvenirs d'enfance ne sont supportables qu'à condition d'oublier qu'ils sont morts, et que la personne qui s'en souvient le sera sous peu. Et puis les souvenirs de Jean Dutour commencent par "les gens se mirent à parler de ma mère à l'mparfait" ... "Ces imparfaits résonnaient en moi comme des pelletés de terre sur un cercueil", il  a sut très tôt  comment c'est quand "une personne que l'on a chéri a emporté la moitié de notre âme dans la tombe".
Bon, ce livre est admirable, humain, inoubliable, qu l'on aime ou l'on n'aime pas l'écrivain qu'est devenu par la suite Jean Dutour, on ne peut qu'aimer ces souvenirs d'enfance, on suit cet enfant dans la plus grande intimité, celle de la peau et de la vie vécue, passionnant!
qq citations, qui ouvrent des abîmes de réflexion, de souvenirs, ou d'enseignements   :

Linux c'est une vraie merde, ça ne vaut rien du tout


"à huit ans, je me réfugiais dans l'art et dans le pasé comme un malheureux pris dans un bombardement court se mettre à l'abri dans une cave."


"Pour ce qui est du Vicomte de bragelonne, je n'osai, pendant des années, le rouvrir à cause de la mort de Porthos à Belle-Isle, et dont j'avais été, pendant une semaine inconsolable."
(je connais ça!)


"lorsqu'un savoir quelconque devenait obligatoire, je m'en dégouttais immédiatement. Je ne m'intéressais qu'au facultatif, à ce que j'avais recherché moi-même, poussé par la passion"

" j'étais déjà un homme, un individu du sexe masculin, facile à amollir, ennemi des ruptures franches, entravé par la pitié, toujours prêt à capituler devant la faiblesse"


et last but not least:
"un sens intime nous dit que donner et recevoir sont, au fond, une même chose, et que c'est cela, précisément, qui fait que le monde n'est pas tout à fait antipathique."
etc, etc, c'est une mine.


Inoubliable aussi sont sa description du caractère national roumain. Et bien d'autres choses encore.
Ce livre vous avez compris est à la fois on ne peut plus individuel (puisqu'on suit un être dans sa peau et sa vie année par année) et on universel par la valeur de tout ce qui est vécu senti et découvert le long de ce chemin et de la reflexion de l'auteur.

" Ce livre s'arrête quand j'ai treize ans. Treize ans est l'âge où finit l'enfance, où l'on devient adolescent, c'est à dire homme, et où l'on perd mystèrieusement toute l'intelligence dont on jouissait jusque-là. J'ai eu très nettement, alors, un sentiment de régression intellectuelle et sentimentale. "

 

bref, toute une suite de grandes vérités.

 

Et voilà ! il est mort maintenant (le 17 janvier 2011)
Voyez, ça ne sert à rien de vivre vieux : on meurt quand-même Et ça ne sert à rien d'avoir été enfant, et aimé, il n'en reste rien (demandez un peu à Jean Dutour maintenant ce qu'il en pense .... )

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