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CATHERINE Baker, un auteur à découvrir absolument! (07-06-2005)
Il y a des articles sur elle dans les wikipedias en français, en anglais et en espéranto.voici le texte français:
Catherine BAKER (née 1948 ) journaliste française et
écrivain libertaire.
Principaux ouvrages :
*1979 : Les contemplatives, des femmes entre elles
*1982 : Ballade dans les solitudes ordinaires
*1985 : Insoumission à l'école obligatoire ici: "Insoumission à
l'ecole obligatoire" enfin réédité!
et lisible librement sur internet ici
Dans ce dernier livre elle fait la critique du système éducatif obligatoire et justifie les parents qui ont choisi la non-scolarisation et l'éducation à domicile.
Quelques citations illustrant ses idées :
- « Dès que le déclin de l'Eglise s'est manifesté, il a fallu que l'Etat trouve de toute urgence le moyen de se faire admettre dans les esprits et ce de façon aussi totalitaire que l'Eglise y était parvenue. »
- « Je n'ai que faire de ces convenances de rat »
- « Ceux-là aiment d'amour les étoiles, les insectes, la géométrie, les corps, les idées ; le monde leur appartient. Des noms communs ils ont su faire des noms propres. »
- « ..la maréchaussée et autres assistantes sociales »
- « ...quand on a pris l'habitude d'accepter, on accepte
tout, et pas seulement ce que le poids du passé entérine. Ainsi une longue
panoplie de moyens de coercition « psy » se met en place et tout le
monde trouve ça normal. »
- « Les étiquettes sont toujours petites, singulièrement
trop petites »
- « On « occupe » les enfants, comme une armée étrangère occuppe un pays conquis ! »
- « La plupart des gens ont oublié leur enfance. Sinon jamais jamais ils ne pourraient se conduire envers les mômes avec un sadisme aussi bête. »
- « C'est un trop grand plaisir que de se donner. Que donnerai-je si on me vole ? »
- « La paresse est la mère de toutes les idées. »
- « Le but de l'institution est clair : intégrer, ne fusse qu'en qualité de déchets. »
- « Celui qui ne s'étonne plus ne s'indigne plus. »
« Ceux qui attendent les « excès » dans l’inacceptable ignorent-ils que l’endurance humaine est
infinie ? Toute l’histoire le prouve »
Ça fait rétro, je sais, (c’était en 1982 la creux de la vague ) de vouloir replacer les choses dans un contexte politique mais je ne suis pas un météorite, j’ai en face de
moi des forces que je combats et je veux les obliger à sortir de leurs trous. »
« Séduire, c’est toujours tenter d’échapper à l’inexistence. »
« J’éprouve une sensation de malaise bizarre quand je vois tous ceux qui se jettent à corps perdu dans le « relationnel »….
Mais ceux qui font ça parce que c’est plu aseptique que d’embrasser sa mère ou de caresser un chien, qui préfèrent pleurer en « cri primal » que sangloter sur le ventre de qui on partage la misère, ceux qui se thérapisent pour se consoler de tout et n’arrivent même pas à être narcissiques, ceux-là ont perdu le sens du combat. »
« L’inimitié ambiante a une gueule de vampire…
Adresser la parole à un inconnu n’est pas encore un délit mais c’est déjà suspect.
… Le fond de l’air est frais.
….
C’est évidemment dans les lieux publics qu’on mesure le mieux la densité de l’oppression douceâtre qui nous isole les uns des autres.»
« tous les bâtiments (ou presque) construits depuis douze ans (en1982, maintenant ça fait plus…) au Guatemala, au Burundi, en Union Soviétique et en France sont rigoureusement identiques.
Quand j’étais petite, on disait que le béton c’était froid. On n’imaginait pas qu’on trouverai pire, le verre. La bouffonnerie désopilante de la plupart de ces façades de verre, c’est qu’il n’y a
pas de fenêtres. L’air est conditionné comme les gens. J’attends un grand procès de Nuremberg de ceux qui ont conçu ces lieux que nous sommes censés habiter.
»Ceux qu’on dit « originaux » : « sans doute pour marquer qu’ils n’ont pas rompu le fil de leur origine. »
« on n’est jamais à l’abris des « travailleurs sociaux ». Et ceux-là ne punissent pas des méfaits comme la police mais des comportements. Ici pas d’avocats possibles.
Est convenable ce qui convient. Convient la tête qui revient au travailleur social.
Mireille, tu as bien fait de quitter ce sale métier.("travailleur social") »
« Une fille pour pouvoir être tendre…
j’ai besoin d’affection tout de suite ; L’amitié donne l’affection aussi mais après des années. »
« Tout est malentendu. Et après ? La vraie rencontre n’existe pas, (Sully Prudhomme déjà le savait), l’union
est fantasmagorique. Eh bien ? »
« Ça facilite aussi les contacts de se savoir un peu dégueulasse. Ça donne l’humilité qui sied à l’approche normale d’un quidam. »
« On m »a dit si souvent : « Je suis vivant ; Demain je serai mort et cela ne changera rien pour personne. » Et tous mes restes d’humanisme se
rebellent »
« on se donnait rendez-vous aux Buttes-Chaumont à 4 heures du matin au petit temple de Cupidon ; on traversait Paris à pied chacun par des chemins différents, pour avoir le plaisir de
se trouver à un rendez-vous. »
« L’angoisse de la solitude est une souffrance totalitaire ; Elle peut se comparer à celle, atroce, d’un enfant qui s’est égaré. »
« Dès 1950, dans les pays industrialisés apparaît ce sentiment étrange que le deuil est morbide ; Vous avez perdu un proche ? Ça se soigne. Que quelqu’un se laisse aller plus de deux ou trois jours à ses larmes et l’entourage insiste pour qu’il ou elle prenne des antidépresseurs »
« Au médecin qui, avec son air mielleux, m’a annoncé la mort de mon frère, j’ai presque arraché les yeux. Une infirmière est entrée qui disait : « Oui, criez, c’est bon de crier, allez-y ! » (quelle vieille pute cynique et déshumanisée !!) J’ai faillit lui casser un tabouret sur la tête. » (et avec raison !)
« Hugo von Hofmannsthal avait écrit : Les gens ressentent envers les mots un dégoût profond. Car les mots se sont poussées devant les choses …nous sommes pris dans un processus horrible où la pensée est entièrement étouffée par les concepts. »
« En poésie, souvent, le sens nous déborde et c’est bonde se laisser emporter par ce qui nous dépasse, que ce soit dans des mots, de la danse, des images, de la
peinture. »
« Il y a une grande sagesse à s’autoriser des points d’interrogation. »
« le partage du corps reste le symbole désarmant de l’échange entre deux êtres. »
« d’Antonin Artaud : La vie creuse devant nous le gouffre de toutes les caresses qui ont manqué. »
« nous vieillissons d’amour contenu »
« On a perdu les lieux publics. Les rues étaient habitées, on ne peut guère s’en souvenir maintenant qu’on ne fait plus que passer, si possible en roulant dans de la tôle.
Voit-on des parisiens assis sur le pas de leur porte ? Aurais-t-on l’idée sur les grands Boulevards d’installer une table de ping-pong ou même de laver sa voiture ?
« A l’Agence nationale pour l’emploi ils ont un joli florilège de suicides à raconter. Piere-Marie Folliot écrivait dans Libération du
17 mars 1980 : « Dans l’agence où j’ai été nommé en janvier, on en parle encore : il y a quelques mois, une jeune femme, avec quatre enfants en bas âge, excédée par des mois de
chômage et sans fric aussi par des incohérences administratives, avait menacé de se suicider si l’agence ne lui donnait pas d’argent immédiatement pour nourrir ses enfants. Ce qui était à
craindre arriva : les flics la retrouvèrent le lendemain avec ses enfants noyés dans la Seine. Sur les 15 000 suicides par an en France, il y a certainement quelques milliers imputables à
des incohérences administratives ; »
« Et la sainteté aussi dont nul n’ose plus prononcer le nom ; l’idée qu’on s’en fait est notre jardin d’amour le plus secret. Etre aussi
humain que possible et impossible : inavouable rêve. »
« c’est par exemple trouver normal qu’un ami vous conseille tel film ou telle lecture. « Tu devrais lire ça, ça te plaira. » Mots qui signifient proprement : « Je désire
que tu t’augmentes et que tu te fasses plaisir. » Douceur et connivence de ces partages. »
« Notre autonomie ne peut pas être absolue. Nulle pensée qui ne soit une résultante ; »
« On peut se sentir faible et apprendre à dire non. »
« Je voudrais rencontrer quelqu’un de très seul qui me dirait : « Il n’y a qu à toi au monde que je peux dire mon secret. » »
« Ce jour-là, les autres étaient sortis faire une balade. Je rêvais, étendue sur le matelas par terre, j’écoutais le silence. J’ai été surprise soudain d’entendre le bruit d’une respiration
de l’autre côté du salon. La respiration est devenue de plus en plus forte. Au bout de quelques secondes j’ai compris qu’Hervé, le copain qui logeait dans cette chambre, était en train de se
masturber. Je me suis glissée sous mes draps et j’ai fait pareil. J’ai entendu un cri qui m’a inondé d’une tristesse inimaginable ; Puis j’ai joui dans la détresse. Entre cet
homme, que j’aimais bien, et moi, une cloison, la cloison dune solitude totale. Je repense souvent à cette scène. «
« Mon psychiatre est un brave homme qui admet intelligemment que le contenu de l’inconscient n’est qu’une projection de l’imagination des psychologues. »
« Tu te rappelle ce livre fantastique de Goffman où il explique avec une grande pénétration comment l’hospitalisation « roule » le malade en lui ôtent très systématiquement ses
moyens d’expression. Chaque fois qu’il essaie de se distancier par rapport à l’institution, que ce soit par son mutisme ou ses insolences ou ses colères, il donne au personnel la preuve qu’il
relève parfaitement de cette institution ! »
« Qu’on ne s’y trompe pas : nous avons toujours bien de la retenue. »
« « Je t’ai préparé une tarte aux pommes. » C’est très bon une tarte aux pommes quand on vous la prépare pour vous toute seule. »
« certains rires qui éclatent quand on évoque les religions de salut on des sonorités de crécelle que je déteste. »
« Tristan Corbière : « C’est bien moi, je suis là, mais comme une rature » (dans Le poète contumace) »
« De ma mère, du signe duCancer comme moi, je tiens une dangereuse sensibilité, le goût de l’amour »
« La vraie puissance intérieure consiste à aimer être vulnérable. »
« C’est con de se sentir fier de tous ceux qui sont morts pour rien. Je suis con. Et fidèle…. Mais quand-même, des femmes et des hommes ont exprimé quelque chose de moi, de siècle en siècle,
et je m’honore de les honorer ; »
« Que l’inaccessible soit le but de l’homme m’apparaît digne d’être vécu. »
« Si Camus a raison et si la seule dignité de l’homme, c’est la révolte devant sa condition, »
« Il y a des tas d’imbéciles « spécialistes du psychisme » qui te démontrent qu’il ne faut pas surinvestir l’amour qu’on a pour ses enfants. Sacrés cons… »
« J’ai la chance d’avoir des amies dans le maquis,…sans elles je serais une collabo des forces actuelles d’oppression. Parmi mes héroïnes, Christine. Elle dit : »On est en guerre contre la mort. Le minimum exigible c’est de répondre à un salut. ….Il y a quelques semaines elle s’est fait suivre par un mec. Puis il l’a attaquée. Elle a mis quelques jours à s’en remettre. Mais elle n’a pas faibli et continue à répondre quand on l’aborde. Elle a choisi son camp. Aimer, c’est aussi une question de discipline personnelle. »
« Que l’inaccessible soit le but de l’homme m’apparaît digne d’être vécu. »
Je conseille tout à fait d'essayer de se procurer un de ses livres et de le lire en entier.