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Le secteur des transports est réputé être l'un des principaux responsables de la pollution de l'air et l'un des principaux contributeurs à l'émission de gaz à effet de serre.
Le coût externe des transports devient exorbitant et représenterait 10% du PIB Européen. Par coûts externes, on entend les accidents, la pollution atmosphérique, les risques liés aux changements climatiques, le bruit, la congestion de la circulation et une série d'autres effets environnementaux. Cette étude, réalisée par Infras (consultants indépendants) et IWW (Université de Karlsruhe) pour l'UIC, a comparé tous les modes de transport (route, rail, transport aérien, et voie d'eau) de personnes comme du fret. Elle impute à la route 92% des coûts externes du transport européen global. Pour le transport de personnes, la voiture engendrerait des coûts externes plus de quatre fois supérieurs à ceux du rail ; pour le fret, ils sont cinq fois supérieurs.
Face à un tel échec, il nous faut à présent agir différemment.
Deux solutions sont possibles : rendre les transports non ou peu polluants, ou les réduire pour diminuer les pollutions engendrées.
Les solutions « vertes » sont inapplicables sans une réduction des transports :
La substitution de combustibles fossiles n'est pas possible dans l'état actuel de consommation. Les biocarburants ne pourront constituer qu'une part infime parce qu'ils sont obtenus par l'agriculture intensive (pesticides, engrais, machines) dépendante du pétrole. La surface à cultiver serait également trop importante à trafic équivalent.
Le tout électrique ou la pile à combustible (remplacer toutes les voitures actuelles par des voitures électriques ou à hydrogène) ne constitue qu'un déplacement du problème, car il faut produire l'électricité ou l'hydrogène sans combustibles fossiles. Le nucléaire français ne serait ici qu'une solution temporaire et nécessiterait la construction d'un parc de centrales encore plus important.
Le développement des transports ferroviaires, peu polluant, ne peut en aucun cas remplacer la totalité des transports routiers sans une réorganisation lourde de notre société : infrastructures à développer et horaires de déplacements à échelonner sur 24 heures pour éviter la congestion.
L'aviation civile et commerciale n'est évidemment pas non plus une alternative crédible, car plus polluantes encore que l'automobile et les transports routiers.
A terme, la diminution de la masse des transports, en nombre et en distance, est un objectif obligatoire. Le fonctionnement actuel est simplement insupportable, on le voit au niveau automobile et aérien avec la congestion du trafic, nous avons besoin de toujours plus de routes et d'aéroports pour continuer à nous déplacer toujours plus loin et plus souvent. Ce qui au final créé une pollution de plus en plus importante.
Pour pallier cet épineux problème des transports, c'est d'une action politique forte dont nous avons besoin :
1• Réorientation du trafic collectif et indivisuel vers des modes de transports moins polluants.
A titre d'exemple, pour un aller-retour Paris-Berlin en train, un voyageur émet l'équivalent de 62 kg de CO2. Pour l'avion, l'émission monte à kg de CO2 (3,90 euros), et pour la voiture à 260353 kg de CO2. Bref il faudra récréer un réseau ferroviaire (humaniste et ne se foutant pas des clients SVP !!! ) et des tramways dans les villes.
2• Réduction du nombre et de la distance de nos déplacements, collectifs et individuels. Dans cette optique, la politique d'aménagement du territoire doit être pensée en fonction d'une réduction progressive et massive des transports.
Actions
1• Réduire l'espace et la vitesse automobile
2• Développer l'usage du vélo (vitesse moyenne équivalente à la voiture en milieu urbain). Développement de solution vélo+transport en commun. Parc à vélo dans les villes obligatoires et gratuit.
3• Encourager le commerce de proximité pour réduire les transports routiers.
4• Stopper l'étalement urbain et la péri-urbanisation en limitant la spéculation foncière, en grande partie responsable de l'étalement urbain. Chaque projet d'urbanisation (habitat, industrie, bureaux, commerces) doit être accompagné d'un projet d'amélioration du réseau de transport en commun existant ou de nouvelles connexions au réseau si nécessaire.
5• Faciliter la réduction de la distance domicile-travail, lors de la conception de nouvelles zones d’habitation, en développant des zones d’emplois à proximité ; autre exemples : transformer les bâtiments inoccupés et les bureaux vides des centres villes en logements sociaux ; développer les télécommunications et le télé-travail.
6• Faire payer l'usage des transports polluants (automobile, camions, avions). Selon l'Agence Française de Sécurité Sanitaire Environnementale (AFSSE), les diverses externalités engendrées par le trafic automobile sont supérieures aux montants payés via les péages et la fiscalité sur les carburants.
7• Transformer les banlieues en villes compactes à échelle humaine et non automobile.
8• Diversifier les modes de transports (train, tram, RER, métro, bateau,...) et les combustibles pour la route. Soutenir les transports en commun et les rendre attractifs.
Et pour ce d’abord les transports gratuit : Une idée à première vue irréaliste, à deuxième vue géniale et indispensable !
http://miiraslimake.over-blog.com/article-1277393.html
par exemple la ville de Chateauroux a instauré, avec succès, la gratuité des transports publics.
UN AUTRE ARTICLE SUR LE SUJET, qui met bien, rationellement et globalement les cartes sur table; très convainquant: http://www.novethic.fr/novethic/site/article/index.jsp?id=73456
Et encore cet article!: l'accès gratuit aux transports publics n'est pas une utopie
9• Taxer fortement les entreprises lors de la fabrication d'engins polluants. Encourager, à l’inverse, les constructeurs au développement de véhicules propres.
10• Développer le ferroutage, avec pour objectif d’inverser la proportion route/rail (aujourd’hui 73% du fret est transporté par la route dans l’UE), en améliorant ou en réhabilitant le réseau existant, notamment dans les zones montagneuses. Encourager les conducteurs de poids lourds en rémunérant au moins une partie de leurs heures passées dans le train.
11• Développer le cabotage, le merroutage et le transport fluvial. En effet, un convoi fluvial de 3.800t équivaut à 127 semi-remorques de 30t. Ce mode de transport consomme cinq fois moins de carburant que le transport routier. De plus, il a l’avantage de pouvoir avancer 24h/24, car les équipes dorment sur le convoi et des systèmes radar permettent la navigation en cas de mauvaise visibilité.
12• Favoriser par une politique agressive (sensibilisation publicitaire, éducation, ...) les transports « verts » ou peu polluants (marche à pied, vélo, train).
Quelques chiffres parlants
En France, la pollution, dont plus du tiers est dû aux effets des transports, a été la cause de 17.600 morts en 1996, de 18.700 hospitalisations et 20.400 bronchites chroniques. Selon un rapport de l’AFSSE de 2004, en France, le nombre de morts lié aux seuls rejets polluants des voitures est d’environ 5.000 par an (autant que le nombre total de morts sur les routes).