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Le gros comité d'accueil

Eliott

 

C'était un chien colley d'Ecosse.

Je l’ai eu en 1990, il était sans doute né en 1987 ou 1988, on ne l’a jamais su, c’était une estimation du vétérinaire,

Il est mort le 7 octobre 2001 (et je ne le savais pas encore mais ce n’était que le début de la fin, la fin de tout ) il devait avoir quelque chose comme treize ans, c’est un bel âge pour un colley, il paraît qu’en général vers dix douze ans ils se paralysent de l’arrière- train, c’est ce qui lui est arrivé.
Il a été heureux (je l’espère) onze ans chez moi …

Il a sans doute été élevé dans une maison où on l’a dressé à ne pas monter les escaliers ( au début il était terrorisé à l’idée de monter un escalier, une inhibition très forte, même devant de la nourriture en en le tirant avec la laisse !). Puis, comme beaucoup il a du être abandonné en pleine campagne après l’avoir fait monter en voiture, quelqu’un est descendu et l’a abandonné quelque part près de B. Comment je sais ça ? Facile : la personne qui l’a recueilli l’a trouvé errant en pleine campagne vers E. ; au début il était terrorisé (1) à l’idée de monter dans une voiture ; et en voiture, si jamais quelqu’un descendait de voiture il se mettait à pleurer de terreur.

(1) en fait il était souvent terrorisé, il était très trouillard ! le pauvre, qui avait peur d’un rien, s’il avait su ce que c’était que cette mort à laquelle il était condamné …

Je l’ai eu à l’époque si pénible elle aussi après que D. m’ait abandonné, et après qu’elle m’ait volé (avec l’aide du najbaro galeux et mauvais-coucheur, je ne suis malheureusement parvenu à cette conclusion, pourtant géomètriquement évidente quand on réfléchit, que trop longtemps après)  le chien qu’elle m’avait donné : Cybèle la si belle ! toutounne lévrier afghan aux si belles pa-pattes, et qui m’aimait tant. D. avait une gentille toutounne colley : Chimène, et de toutes façons j’ai toujours eu, et maintenant plus que jamais, une attirance toute spéciale pour les colleys, leur type de beauté, leur regard, leur caractère; je ne peux pas en apercevoir un sans dire "oh ! un beau toutou tout velu !" J’ai cherché à en prendre un (automne 1990) ; j’en ai parlé à ma prof de piano (une de ces adultes d’un genre si commun, pleine de délicatesse et de politesse envers ses élèves adultes et si brutale  envers ses élèves enfants : lâche avec les forts, sadique avec les faibles, ça se fait beaucoup) qui m'a donné l’adresse de cette femme d’E., qui recueillait les chiens et tenait un refuge privé. Jusqu’à ce que les calotins modernes l’aient sommée de ne pas tenir plus de vingt chiens et à conditions d’avoir toutes sortes d’équipement et de normes à respecter ; bref elle a du abandonner, et les chiens ont sans doute été euthanasiés ! …

Oui, il était très trouillard : passer sur un pont lui faisait peur, quand j’ai eu Poupounette la petite (deux kilos cinq) chatte persane et qu’elle a eu des petits, qui se sont mis à l’exemple de leur mère à lui cracher dessus, il avait peur de ces minuscules « terreurs » et ne savait plus où se mettre ! je lui disais : "pourtant tu pourrais n’en faire qu’une bouchée !" une fois alors qu’on était assis sur la balancelle et qu’il approchait Poupounette lui a craché dessus, eh bien il en a été tellement marqué qu’il ne voulait même plus approcher de la balancelle !  Aussi n’ai-je été pas plus étonné que ça qu’il ait pris en terreur les portes qui donnent accès au sous-sol, juste embêté et agacé, car pas moyen de le faire rentrer par-là, ni seulement de l’attirer :  quand on essayait de l’attirer vers ces portes il se disait, pas bête ! qu’on essayait de le « rouler » et il foutait le camp dans la direction opposée !. Bon. Plus tard ça m’a rendu perplexe, car ce seuil couvert et un peu obscur qui menait à la porte du sous-sol  c’est là qu’il est mort … Certains parleraient de perception extra-sensorielle.

Il avait un sourire. En effet si les chiens ont un museau et donc pas du tout la conformation des bouches humaines, certains ont cependant des lèvres : de chaque côte du museau, et des lèvres parfois aussi personnalisées que des lèvres humaines. Et c ‘était son cas (et je crois de tous les colleys) il avait l’air de sourire. Mais ce qui est le plus émouvant c’est qu’il avait le même sourire, et ses lèvres avaient la même expression que, que celui de mon père (Albert Platteau 4/1/1907-4/12/1984). Même sur les photos de l’un et de l’autre cela peut encore un peu se reconnaître. Je le lui disais. Et je lui disais aussi qu’il avait « un air de sacristain battu ».

Eliot, je lui disais : « Tu es mon frère », et puis « Entre mammifères on se comprend ». Et aussi « Bonjour Monsieur » pour lui faire donner la patte et amuser les gens, et puis en lui serrant la patte, comme les chefs d’Etats : "Bonjour Monsieur, j’espère que cette rencontre raffermira les liens traditionnels d’amitié entre nos deux peuples" »- eh oui ! le peuple des gens comme moi et le peuple des colleys, entre qui existe une amitié traditionnelle. Les colleys ont un charme tout particulier bien à eux, qui m’enchante et me touche et m’amuse. Et même je ne peux pas apercevoir un colley sans sentir  comme un coup au cœur, et m’exclamer : oh ! un gros toutou tout velu !

Et en plus quand je lis dans les revues le descriptif du caractère des colleys je me dis : mais c’est moi tout craché ça !

Et ce chien qui m’aimait tant (il fallait le voir quand il faisait le « gros comité d’accueil », comme disait Jacqueline ……  [le « petit comité d’accueil » c’était ma pauvre douce chatte persane noire aux poils longs, aux beaux grands purs et naïfs yeux d’or, Poupounnette ; elle aussi elle est morte, et Jacqueline aussi) je l’ai laissé mourir seul et désespéré : Pendant les longues heures, les nuits entières il aboyé dehors de peur alors qu’il se paralysait du train arrière et n’arrivait plus à se soulever, et souffrait sans doute aussi, je n’ai pas répondu (à part une ou deux courtes visites) à ses appels désespérés et restais couché dans la chambre du haut ou en mettant de la musique pour ne pas l’entendre. C’est tout ce que je faisais. Samedi Jacqueline est venu, il était couché au milieu de la pelouse sous la pluie sans pouvoir bouger, elle l’a mis (porté…) à l’abris un peu sou le cyprès,
il a encore une fois remué la queue de plaisir en la voyant...

Plus tard je l’ai porté sous cette fameuse entrée de sous-sol. Cette nuit il criait de douleur, je suis descendu le caresser, il s’est arrêté, puis a repris quand même, la souffrance étant trop forte. Je l’ai laissé et me suis couché au deuxième pour ne pas l’entendre… Le dimanche Jacqueline est revenue, elle est seule allé le voir, moi je n’avais pas osé ; il vivait encore, nous avons mangé, elle a dit « de toutes façons on ne peut plus rien pour lui », vers la fin de notre repas on a entendu un court aboiement : (c’était sans doute là qu’il est mort, comme dans les histoires, car quand Jacqueline est redescendue le voir c’était fini. Plus tard on l’a mis mort et inexpressif dans le coffre de ma voiture (qui a senti le cadavre durant plusieurs semaines) pour le transporter à Monchy, où son père l’a enterré dans le bout de bois appartenant aux T. derrière la maison.




"L'amitié traditionelle entre nos deux peuples"
Parmi les choses que je disais à mon toutou (Un Colley d'Ecosse "tricolore" c'est à dire noir) il y avait, quand je le faisais asseoir, donner la patte et que je la lui serrais en disant "Bonjour Monsieur" parfois j'en rajoutais, et disait en continuant à lui secouer la "main":
- "Je me félicite de cette rencontre qui raffermira l'amitié traditionelle entre nos deux peuples"
en fait plus qu'un jeu, c'était aussi une vérité
Car il y a une affinité fondamentale entre moi, mon peuple, et le peuple des colleys.

j'ai lu ceci, qui décrit le caractère des colleys, adorables bestioles!

 

LE COLLEY      

Caractère et comportement :
Le colley est un chien de berger, doux, sensible, très fidèle, très intelligent, calme tout en aimant se dépenser de temps en temps à des jeux dans son terrain mais retourne toujours très vite près de son maitre à qui il voue une tendresse infinie et une fidélité sans faille.
Il préfère courir dans la neige que de se prélasser au soleil.
Il faut l'éduquer avec douceur  sans élever la voix et le sociabiliser dès son plus jeune age (sortie dans le monde,en voiture,en laisse) car il comprend vite. Il n'est ni peureux, ni craintif, mais toujours méfiant envers les étrangers, il n'est pas du genre à leur faire la fête dès les premières minutes mais il sait sympathiser lorsqu'il sent qu'ils sont gentils et sans méchanceté...comme lui !!!

 


bonheurs

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R
"J'ai longtemps réfléchi à la question de savoir pourquoi la vie des ĉiens était si courte.J'en suis arrivé à la conclusion qu'il s'agit de compassion envers la race humaine.Car nous souffrons tellement de leur perte après 10 ou 12 ans - quelle serait alors notre douleur s'ils vivaient deux fois plus longtemps ?"(Walter Scott)
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