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Par R. Platteau
La première fois que je suis passé par Paris (ça n'était vraiment que passer par !) ça été en 1972 pour aller d'une gare à l'autre par le métro, je n'ai à
part celui-ci rien vu, et un seul souvenir:
Comme nous ramenions du Gers des plantes, vivantes, qui ne pouvaient être dans la valise et se voyaient, des gens nous ont demandé avec un étonnement de parisiens
enfermés dans leur métropole et coupés de la nature: "c'est des plantes?! des vraies plantes?"
c'était à lépoque où les français n'était pas encore devenus des névrosés et des Sarkosystes et où on s'adressait la parole entre inconnus qui se
croisent.
Par la suite, quand j'ai travaillé à l'ONIC (Office National Interprofessionnel des Céréales) j'ai eu de fréquentes occasions d'aller à Paris et de visiter.
(l'ONIC, maintenant disparu, c'est devenu L'Office des grandes cultures, ONIGC, était l'administration qui gérait toute la filière céréales de bout en bout , jusque à partir de 40, la
répartition des farines entre les boulangers, les quotas, etc. à partir de l'entrée en vigeur du Marché Commun, et sa philosophie anti-étatique et de "Marché", son rôle n'a plus été que de faire
des statistiques, et de gérer les fameux Montants Compensatoires, le reste devenait de plus en plus symbolique).
L'ONIC Paris était dans un superbe immeuble parisien Avenue Bosquet, un quartier très agréable et intéressant pour s'y promener, mais hélas on ne peut
envisager d'y habiter : très cher (c'est d'ailleurs l'arrondissement qui vote le plus à droite de tout Paris) plein d'Ambassades; Mais il y avait quand-même moyen d'y trouver en 1978 un
hotel abordable (il y avait des roumains parmi les clients, peut-être en rapport avec l'ambasade de Roumanie pas loin).
C'est l'époque où je passais des soirées assis dans les ombrages des jardins publics situés au pied du Palais de Chaillot, à cette époque on pouvait encore se
promener tard dans les rues de Paris sans avoir peur d'être victime d'une bavure policière.....
A chaque fois que je devais aller à l'ONIC pour des raisons professionnelles j'en profitais pour prolonger et visiter Paris.
(et je me souviens de la 1ère fois que j'ai pris un bus à Paris: il est passé devant tout une série de monument célèbres, comme ça! ça fait un drôle d'effet et
c'est assez impresionnant quand c'est la première fois!)
Plus tard il y a eu les visites qu'on faisait (avec les D. ou moi tout seul) à Claude dans son minuscule studio du Quartier de Stalingrad au 5è étage sans
ascenseur.
J'ai vu pas mal de lieux de Paris durant cette époque; c'étais bien.
puis fini
Vers la fin ça commençais déjà à devenir moins agréable, déjà dès le début on avait un Paris où il n'y avait déjà plus de cafés ayant l'ambiance traditionnelle des
café français, pour en trouver il fallait aller dans le quartier de Stalingrad, les cafés tenus par des algériens ou des noirs ! étaient paradoxalement (pas tant que ça en fait) les seuls
encore de type "français"; les autres étaient déjà de sinistres lieux climatisés, (où il fallait même payer en plus de la consommation pour aller aux tolettes!!). Des hotels abordables, là aussi
il ne restait plus que l'Hotel de Tanger rue de Tanger, dans ce même quartier 1/3 arabe 1/3 noir 1/3 français, et plein de SDF et de squatteurs.
Il fallait y aller en voiture et se garer rue de Tanger, puis aller par le métro, ou par le train, quoi que avec la nouvelle politique j'men-fout-iste et
répressive de la SNCF du "controlez-vous vous mêmes" était devenu quelque chose de compliqués dangereux stressant et
coûteux, plus du tout le service public de la République confortable convivial et commode qu'il avait été dans le temps (disons avants 1980)
Maintenant que Paris est devenu, et va devenir encore plus si on en croit l'Axe Bush-Sarkozy, un terrain
Orwellien: caméras, hotels: plus rien d'abordable, et après avoir été confronté de plus en plus avec l'abyssal mépris du client qui est celui de la SNCF
maintenant, je n'irai sans doute jamais plus à Paris! beurk!
puis lister les souvenirs (il y en a tellement ...)
Le dernier voyage a sans doute été en 1996 pour aller voir Lumbroso (il faudra que je parle un jour de ce vieux Monsieur rencontré lors de mon voyage en Inde, il doit être mort maintenant hélas, lui qui
avait déjà failli mourir dans la chambre d'hotel que nous partagions à new Delhi en arrivant)
C'est là que j'ai pris Jacqueline en photo sur cette si famillière à moi esplanade du Palais de Chaillot au pied d'une statue d'homme nu (parce que justement elle
venait de se plaindre qu'on représente toujours les femmes toutes nues et jamais les hommes), que j'ai vu l'entrée du Muséum, et l'église Saint-Julien le Pauvre.
On avait encore couchés dans ce fameux Hotel de Tanger tous les deux.
Le soir où avec Claude on s'est retrouvé dans une discussion informelle dans la pénombre
nocturne parvis du centre Pompidou autour d'un palestinien communiste stalinien, Claude qui était trotskyste lui a porté la contradiction, et aussi à un vieux monsieur, bourgeois, qui était de
droite lui.
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