L’homme éprouve un grand désir qui n’a jamais été satisfait. Ce désir n’a pas de nom. Il cherche
son objet. Mais ce ne sont pas les plaisirs, ce n’est pas tout ce que tu lui nommes. Et pourtant ce
désir revient quand, par une nuit d’été tu regardes vers le nord, ou quand la lune brille au milieu des
étoiles, ou encore quand tu es malheureux. Ce grand, cet immense désir élève notre âme dans
un effort douloureux. Hélas ! il nous jette en l’air comme ceux qui sont frappés du haut-mal. Et
pourtant ce désir qu’aucun mot ne peut désigner, les accords et les accents de la musique
peuvent l’éveiller en nous. Alors cette âme mélancolique pleure plus fort, et pleine à la fois d’extase
et de détresse, elle s’écrie : - "Oui tout ce que vous me nommez, tout cela me manque ! "