Par R. Platteau
Quel que soit le peu de valeur scientifique de ses présupposés, l'astrologie a au moins un mérite:
contrairement à beaucoup de sciences et idéologies, et même morales, l'astrologie est un humanisme.
A. de Benoist (il paraît que c'est un homme de droite, mais je m'en fout, "Je prend mon bien où je le trouve") déjà mettait en avant une "conception positive de la tolérance" (face à cette "tolérance" - c'est la cas de le dire - qui supporte le "pas bien", qui supporte, qui ne l'est qu'à titre de compromis, dégouttée, à regret, qui n'en pense pas moins) :
« C’est ici que peut s’articuler une conception positive de la tolérance, qui n’est pas une permissivité sans substance, mais simplement la reconnaissance de (et le désir de voir se perpétuer) la diversité du monde. »
Mais l'astrologie est non seulement, et solidement, sur ces bases, mais même encore au-delà de ça. Pour elle que les hommes ( = les humains) et leurs personnalités sont divers est si naturel, évident, fondamental, qu'elle n'éprouve même pas le besoin d'en faire la défense. Le "Droit à la Différence" est déjà une espéce d'acte d'allégeance à l'anti-humanisme, à l'esprit totalitaire et casernicole, on cherche à s'excuser, à quémander, et à reconnaître implicitement une norme!
Pour l'astrologie, que les êtres ont toutes sortes de manières d'être, et qu'il n'y a pas de modèle, de standard (ou alors douze!) autour duquel il faudrait que tous les autres gravitent, est tellement fondamental et naturel qu'elle n'éprouve même pas le besoin d'en faire la promotion.
Elle n'est pas normative, ni de cherche à tout soumettre dans un schéma de fonctionnement psychologique universel; elle est descriptive, analyse chaque trait, bouquet de traits, en établit les avantages, problèmes qu'il sont susceptibles de créer dans telle ou telle circonstance, affinités ou conflits avec tel ou tel autre, comme autant de paysages.
Du point de vue humaniste sa devise pourrait être le proverbe de Marjorie Boulton: "Ore belas la fazano, blue belas genciano".