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Par R. Platteau
Une opinion couramment admise veut que la « cour » (1), les mots doux, les beaux sentiments, les caresses ne soient en fait qu’un "cinéma" dont le rôle est de permettre d’obtenir la chose sérieuse : les relations sexuelles. Sans nier la vérité qu’il y a là dedans, je crois que c’est aussi, et surtout, l'inverse. :
Comme chez certains animaux les hommes ne sortiraient jamais de leur carapace et de leur solitude (y compris celle cachée sous d’apparentes relations) et de leur agressivité chacun derrière leurs « distances de fuite », si certaines choses, cette chose, ne les amenait à se rapprocher au maximum. En fait loin que l’amour soit la ruse de la nature, de la sexualité pour parvenir à ses fins (il l’est aussi, c’est vrai, accessoirement) au contraire la sexualité est une ruse que l’amour utilise pour forcer la réserve, autrement inexpugnable, des humains les uns envers les autres, et les installer dans un monde de relation intime, leur faisant connaître le désir de l’autre, la confiance sans distance, etc ;
Surtout quand on voit la société actuelle, que resterait-il comme relations humaines s’il n’y avait la recherche de la sexualité pour forcer les humains à
rompre la glace et l’indifférence dont ils s’entourent, leurs conventions, leurs tabous (2), leurs peurs, et les amener à être un peu tendres
envers au moins quelques uns de leurs semblables, et à découvrir la vie et les valeurs de l’amour concret. Beaucoup de gens, disait La
Rochefoucalt, ne seraient jamais tombés amoureux s’ils n’en avaient pas entendu parlé, et beaucoup n’auraient vécu des rapports aimants et intimes avec personne si la sexualité ne les y avait amené.
La séxualité au service de la métaphysique : ce n’est pas un paradoxe c’est une réalité. Et au service du bonheur humain et du perfectionnement de son
être.
L’amour ne peut de toutes façons jamais être éthéré et dans le vide : il faut le vivre au milieu, à propos, de quelque chose, de partages, de complicités et de dons, etc (cf. la citation de Senancourt plus bas) et partager les plaisirs, et les désirs, sexuels sont une façon comme des centaines d’autres, et souvent une des meilleures (cf la citation de Céline), et selon Casanova le plaisir de l’autre constitue dans les relations sexuelles les 4 /5èmes des sources de plaisir et de l’éxcitation que l’on ressent.
« Ce plaisir reçu, ce plaisir donné ; cette progression
cherchée et obtenue ; ce bonheur que l’on offre et que l’on espère ; cette confiance voluptueuse qui nous fait tout attendre du cœur aimé ; cette volupté plus grande encore de
rendre heureux ce qu’on aime, de se suffire mutuellement, d’être nécessaire l’un à l’autre ; cette plénitude du sentiment et d’espoir agrandit l’âme et la presse de
vivre. » (Senancourt)
« Un quart d’heure d’un commerce intime entre deux personnes d’un sexe différent, et qui ont, je ne dis pas de l’amour, mais du goût l’un pour l’autre, établit une confiance, un abandon, un tendre intérêt que la plus vive amitié ne fait pas «éprouver après dix ans de durée. » (Sénac de Meilhan)
« Dans cette cuisine-là, celle du derrière, la coquinerie, après tout, c’est comme le poivre dans une sauce, c’est indispensable et ça lie. » (Louis-Ferdinand Céline)
(1) texte écrit vers 1980 ! de nos jours la "cour" ça n’existe plus, c’est tout de suite interdit comme « harcèlement sexuel » !! et cette opinion couramment admise c’était dans
les années 60, quand on pouvait encore émettre des idées comme ça sans se faire stigmatiser et éjecter comme « patriarcal » et « machiste » « violent » !
(2) encore aggravés de nos jours par l’obsession de l’homosexualité, qui aboutit à quasiment interdire l’amitié (vraie) entre gens du même sexe, et à à interdire à cette amitié à jamais être chaleureuse et tendre.
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